Du 10 au 13 novembre, FIMMA + Maderalia réunira à Feria Valencia architectes et professionnels du secteur pour réfléchir au logement, aux matériaux et à de nouvelles façons de construire. Belén Moneo, Jeff Brock, Xavier Vilalta, Juan Trías de Bes et Pau Bajet figurent parmi les intervenants d'un programme qui soulève une question essentielle : comment industrialiser les processus sans appauvrir l'architecture ?
Une autre manière de commencer un bâtiment
Une maison prend forme bien avant que quelqu'un n'en ouvre la porte. On pense au terrain, aux plans, aux premières fondations. Pourtant, une part croissante de la réflexion architecturale se déplace vers d'autres lieux : les ateliers, les usines et les procédés qui permettent de préparer des composants avant leur arrivée sur le chantier.
La construction industrialisée ne désigne pas un système unique. Elle peut faire appel à des panneaux, à des éléments structurels ou à des modules tridimensionnels fabriqués dans un environnement maîtrisé, puis assemblés sur leur site définitif. Son intérêt ne se limite pas à raccourcir les délais : elle impose de coordonner dès la conception des décisions qui pouvaient autrefois être prises au cours des travaux.
Cette question sera au cœur des échanges du nouveau Salon de la construction industrialisée de FIMMA + Maderalia, qui fera ses débuts à l'occasion de l'événement, prévu du 10 au 13 novembre 2026 à Feria Valencia. Les organisateurs annoncent un espace consacré aux matériaux, aux solutions techniques, aux démonstrations et aux rencontres professionnelles.
Des architectes, des matériaux et des questions essentielles
Le Forum Architecture et Construction accueillera les 11 et 12 novembre plusieurs des principales rencontres du programme. Parmi les intervenants annoncés figurent Belén Moneo et Jeff Brock, fondateurs de Moneo Brock ; Xavier Vilalta, de Vilalta Studio ; Juan Trías de Bes, de TdB Arquitectura ; ainsi que Pau Bajet, de Bajet Giramé.
Leurs approches et les échelles de leurs projets sont différentes. Cette diversité peut nourrir un débat qui risquerait autrement de se réduire aux volumes de production et à la rapidité d'exécution. Jusqu'où peut-on standardiser un processus tout en restant attentif au contexte ? Comment préserver le soin apporté aux détails ? Quelles décisions doivent rester propres à chaque projet ?
Ces interrogations prennent tout leur sens lorsque l'on considère l'architecture à travers ses matériaux. Un système industrialisé peut définir avec précision la structure ou l'enveloppe d'un bâtiment, mais le caractère d'un lieu dépend aussi de la lumière, des proportions, de la texture des surfaces et de la rencontre entre les matières.
Du logement abordable au tourisme et au coliving
Le mercredi 11 novembre, de 11 h à 12 h, le forum s'intéressera aux projets industrialisés dans le logement, l'habitat abordable, la location et l'hôtellerie. Selon le programme, Moneo et Brock seront accompagnés de Santiago Sanjuán (Qilak), Fernando Oiza (Woodville), Nacho Marín (Superestudio) et Fernando Olba (Olba A+U).
La table ronde suivante, prévue de 12 h 15 à 13 h, examinera les freins au développement de ces méthodes : législation, capacité de fabrication et coopération entre les acteurs du secteur.
Le jeudi 12 novembre, les échanges porteront sur les projets touristiques, l'habitat coopératif et le coliving, en s'intéressant notamment aux systèmes constructifs bidimensionnels et tridimensionnels. Parmi les participants annoncés : Marina Sanahuja (Voltes), Pau Bajet, Carlos Pueyo (Adoras), Juan Trías de Bes et Xavier Vilalta.
Une autre table ronde posera une question révélatrice : « Peut-on tout industrialiser ? » Cette formulation reprend le sens d'un intitulé inscrit au programme officiel et rappelle qu'aucune méthode constructive ne convient indifféremment à tous les projets.
Construire plus vite, est-ce forcément construire mieux ?
La construction hors site peut contribuer à réduire les délais et les déchets, mais les résultats dépendent du projet et de l'organisation de l'ensemble de la chaîne. La Commission européenne évoque un potentiel de réduction des délais de construction de 20 à 60 % et des déchets de 10 à 15 % grâce à ces procédés. Il s'agit d'estimations de gains possibles, et non de garanties valables pour tous les bâtiments.
La même analyse européenne identifie plusieurs obstacles : la fragmentation des réglementations, des investissements initiaux importants, un manque de personnel qualifié et une demande insuffisamment stable.
Parler de durabilité exige donc une approche globale : origine et longévité des matériaux, énergie consommée, transport, réparation, entretien et comportement du bâtiment tout au long de sa vie. Ni le bois ni la construction industrialisée ne constituent, à eux seuls, une certification environnementale.
Le logement public au cœur des échanges
La réflexion commencera la veille des principales tables rondes du forum. Le mardi 10 novembre à 10 h, l'Instituto Valenciano de la Edificación (IVE) organisera une journée intitulée, dans sa version française, « Construction industrialisée : vers une architecture durable et de qualité » (titre original : Construcción industrializada. El camino hacia una arquitectura sostenible y de calidad).
La rencontre s'intéressera au logement social réglementé, au cadre normatif et à différentes expériences techniques. Parmi les exemples annoncés figurent des projets résidentiels à Albal, Utiel et Torrent, ainsi que des applications de l'industrialisation aux établissements de santé et une intervention consacrée à la circularité et à la certification.
Cette approche est nécessaire : si de nouvelles méthodes doivent contribuer à répondre aux besoins en logement, il importe de comprendre leurs possibilités techniques, mais aussi les conditions concrètes dans lesquelles les administrations et les professionnels peuvent les mettre en œuvre.
Une inscription préalable est nécessaire pour cette journée, au moyen du formulaire communiqué par les organisateurs.
La technique a toujours besoin d'un regard architectural
Le Salon annonce également des démonstrations en direct de solutions industrialisées, dont le montage prévu d'une structure de trois étages. L'occasion de rendre visible une partie du processus constructif qui apparaît rarement sur les photographies finales d'architecture.
Il reste à découvrir les enseignements de cette rencontre. Mais le débat mérite que l'on s'y attarde, car il touche à la façon dont les bâtiments sont conçus et habités. Entre les possibilités de l'usine et les exigences du chantier se trouve un espace où se croisent l'ingénierie, le savoir-faire, le design et la vie quotidienne.
Industrialiser ne signifie peut-être pas produire des bâtiments identiques, mais mieux organiser ce qui peut être répété afin d'accorder davantage d'attention à ce qui rend chaque lieu singulier. La qualité architecturale continuera aussi de se mesurer à ces détails qui demeurent longtemps après la fin des travaux.
Sources et crédits photographiques
Article rédigé de manière indépendante à partir de documents publics. Il ne s'agit ni d'un contenu sponsorisé ni d'une reproduction du communiqué de presse.
- FIMMA + Maderalia / Feria Valencia : annonce du programme et des intervenants (30 octobre 2026 ; source en espagnol).
- FIMMA + Maderalia : programme officiel 2026 des conférences et activités (en espagnol).
- FIMMA + Maderalia : présentation du Salon de la construction industrialisée et des démonstrations annoncées (en espagnol).
- Commission européenne : analyse de la construction hors site, de son potentiel et de ses freins (en anglais).
À propos des photographies : images documentaires publiées sur Wikimedia Commons sous la déclaration de domaine public CC0 1.0. Les liens vers chaque fichier ainsi que les crédits figurent dans les légendes. Aucune photographie ne représente FIMMA + Maderalia 2026.
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